Le blanchiment des dents 3/3 : techniques pour dents dévitalisées et conclusions

Quelque soit l’origine et le motif entraînant le traitement radiculaire (choc traumatique, carie profonde) celui ci s’accompagne inéluctablement d’une hémorragie par rupture vasculaire du parenchyme pulpaire.

L’ivoire dentaire (dentine) étant structuré de façon canaliculaire la diffusion et la dégradation de l’hémoglobine en billirubine dans les canalicules est responsable de ces teintes saturées jaune, marron, noirâtre, et même violacé.

Le traitement ambulatoire donne des résultats satisfaisants, surtout si l’on a pris la précaution de dégager l’orifice de trépanation de l’obturation qu’il comporte. Ce faisant, la surface d’échange chimique sera très augmentée,et le gel, côté orifice de trépanation sera en prise directe sur la dentine tubulaire sans être “freiné” par l’émail (éliminé par fraisage à cet endroit lors du traitement de canal.). Il va de soi qu’aucune sensibilité au froid n’est à craindre puisque la dent est dévitalisée.

Technique de blanchiment interne :
1- Utiliser la digue pour empêcher la contamination du canal.
2- Préparer la cavité d’accès jusqu’à 1 mm en dessous de la jonction énamocémentaire.
*Note : il est important de ne pas laisser de composite sur les parois
de la cavité d’accès pour permettre un blanchiment complet de la dent.
3- Sceller la gutta percha avec quelques gouttes de verre ionomère pour éviter la
résorption radiculaire par l’infiltration du perborate de sodium. *Note : ne pas
utiliser un Dycal puisque celui-ci a tendance à se dissoudre.
4- Mélanger du perborate de sodium avec de la solution anesthésique et remplir la
cavité d’accès.
5- Fermer le cavité d’accès avec un temporaire. *Note : le perborate de sodium
forme de l’expansion et déloge le cavit et l’IRM. Il est donc préférable soit
d’effectuer des gouttières de rétention si l’on utilise du cavit ou de l’IRM ou
d’utiliser un composite ou un verre ionomère.

Un traitement complémentaire au cabinet dentaire est possible; on utilise des produits semblables mais dont les concentrations supérieures n’en autorise pas la manipulation ambulatoire à domicile par le patient. Les dents sont placées sous champ opératoire étanche (vis à vis des gencives), on fait alors agir sur le gel un rayonnement issu d’une lampe halogène, plasma, ou bien Laser Diode, le but étant d’obtenir une élévation de la température locale, donc la décomposition du gel et partant le blanchiment.

RÉSULTATS
Très souvent au delà des espérances des patients qui trouvent le phénomène “magique”. Cependant, la variabilité individuelle de la perméabilité de l’organe dentaire, indépendante de l’âge du sujet, reste un paramètre objectivement inévaluable avant initiation du traitement. En fin de traitement, les dents devenues légèrement opaques, le blanchiment est à son maximum. Elles vont reprendre leur translucidité, leur naturel nuancé et vivant; les nouveaux gels donnent même la perception d’une transparence nacrée…du meilleur effet au plan esthétique et très apprécié de la gente féminine. A noter aussi que de meilleurs résultats ont été obtenu avec les traitementen ambulatoire effet de 1 à 2 ans contre 3 à 6 mois avec la technique rapide au cabinet dentaire.

CONCLUSION
Le blanchiment à la maison apporte beaucoup d’avantages : moins de sensibilité, plus de contrôle, moins de risques de blessures des tissus mous, le coût est moindre et finalement le résultat est le même. C’est à la technique ambulatoire et au conditionnement sous forme de gel que l’on doit la simplification des procédures et la fiabilisation des résultats. Elle aura permis en quelque sorte une “démocratisation” de ces traitements, et donc l’ouverture de ce “marché”. Il y a quelques années encore “se faire blanchir les dents” était synonyme de longues, fastidieuses et donc pénibles séances sur le fauteuil du dentiste, générant un coût élevé. Les dents biens blanches et un sourire éclatant étaient un privilège réservé à une clientèle socialement située, le plus souvent, dans les médias ou le show business.

Quant au praticien, ce n’est pas sans plaisir qu’il peut aujourd’hui proposer de faire du rêve de son patient une authentique réalité. L’amélioration de l’esthétique et de l’image du patient se réfléchit …sur cette profession qui en a grand besoin, tant est lourde et tenace dans l’inconscient collectif, la douloureuse réputation qui nous précède.

Source
Docteur Jean- Marc DELPIT Chirurgien-Dentiste (Association Européenne de Médecine Esthétique et de Diététique)
-Formation continue de l’université de Laval “Stéphanie Malette Caroline Beaudoin” (Journés dentaires 2001)
-Medinet.be “Des dents blanches: Rêve ou réalité ?”