Caries : la piste prometteuse des cellules souches

La recherche sur les cellules souches s’accélère dans tous les domaines de la médecine, y compris les soins dentaires. Une innovation en marche qui laisse espérer que la douleur liée à la dévitalisation des dents cariées ne sera plus qu’un mauvais souvenir un jour. Une équipe française a fait une avancée importante sur les thérapies cellulaires appliquées à la santé bucco-dentaire. Son travail, publié dans la revue Tissue Engineering le 22 juin dernier, montre que des cellules souches implantées dans une dent de rat abîmée se développaient pour reconstruire la pulpe. «Au lieu de dévitaliser la dent, c’est-à-dire de retirer toute la pulpe jusqu’aux racines, nous tentons de l’aider à se régénérer», explique au Figarole Pr Catherine Chaussain de l’université Paris-Descartes, responsable de l’étude. «Les dents sont des organes essentiels car elles sont un facteur de santé générale. Lorsqu’elles sont dévitalisées, elles deviennent fragiles et sujettes aux infections».

Ce type de thérapie cellulaire représenterait un réel bénéfice pour les patients car il permettrait aux dents cariées de se reconstruire et de cicatriser. L’idée de ce type de traitement de la carie a germé chez les chercheurs français après la publication en 2000 d’une étude américaine montrant la présence dans la pulpe dentaire de cellules souches. Elles sont capables de former non seulement de la pulpe (formés de nerfs, de vaisseaux sanguins…), mais également de la dentine, partie dure de la dent sous l’émail.
Le protocole employé par l’équipe du Pr Chaussain est relativement simple: les cellules souches sont prélevées dans la pulpe d’une dent saine, cultivées et réinjectées dans les dents cariées. L’équipe de bio-ingénierie du Dr Letourneur de l’université Paris-Diderot, associée du projet, a produit de son côté des traceurs radioactifs pour suivre l’évolution des ­cellules greffées. «Le risque, c’était que ces cellules s’échappent, s’implantent ailleurs dans le corps et causent des dégâts à d’autres organes», précise le Pr Anne Poliard, biologiste de l’équipe de Paris-Descartes. Les avancées récentes sont spectaculaires bien qu’elles ne concernent pour l’instant que le rat.

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